Voilà qui me met en joie en ce début d'été florissant, bourgeonnant, allergissant, emmerdant ...
Bien entendu au lieu de ça je ferais mieux d'essayer de découvrir les propriétés passionnantes de mon cours de maths, mais la vie est ainsi faite, j'ai décidé que la réussite scolaire ne pourrait que nuire à mon avenir.
En effet qui irait épouser une diplômée de Sciences Po ?
Personne !
Les hommes veulent des femmes fidèles à leur sexe et à leur condition, qui ne s'embarrassent pas d'ambitions démesurées.
Ce soir là, Mme Ntègué rentrait chez elle. Dans sa voiture le silence planait. Seul le son de ses larmes résonnait. Dans son pays d'origine elle avait un bac+7. Rien que le nom de son diplôme devrait lui ouvrir les portes d'un joli métier mais il semblerait que son nom de famille serve de cadenas à ces portes.
10 ans qu'elle habitait en France, 10 ans qu'elle faisait des métiers qui ne valaient pas ses études, 10 ans qu'on la prenait pour une idiote parce qu'elle est noire.
Elle sait que le dernier métier pour lequel elle avait postulé a été donné à quelqu'un qui le méritait moins qu'elle. Ce quelqu'un était blanc, voilà ce qu'il avait de plus qu'elle.
Elle vit dans un petit appartement et elle a 2 enfants. A vrai dire, c'est pour eux qu'elle continu ainsi.
Tout les matins elle partait de chez elle avec la même haine et l'affectueuse tristesse de vivre dans un appart si pourri, de vivre dans un appart où les murs s'effritent face à l'humidité.
Au travail, elle se ventait d'un magnifique appartement dans un coin tranquille sans problème et la honte la rongeait lorsqu'elle entrait le soir dans cette rue où son fils faisait trop souvent le con, où les jeunes grandissent souvent trop vite mais surtout trop mal.
Les jours étaient une interminable répétition, elle ne trouvait pas un bon boulot, le peu qu'elle gagnait, elle devait le partager entre sa famille ici et sa famille au pays.
Et peu à peu elle s'épuise.
Heureusement sa fille couvre les désagréments de son frère, elle travaille à l'école, elle se bat comme pour prouver au monde que les noirs peuvent y arriver. Elle bosse dix fois plus parce qu'il ne faut pas qu'elle soit au niveau des autres mais plus forte qu'eux pour qu'on puisse faire attention à elle. Sa mère était très fière d'elle, mais elle pardonnait à son fils sa haine envers la France. Car au fond elle aussi elle l'avait.
Ce soir là, Mme Ntègué rentrait chez elle. Elle s'était retenue trop de fois et aujourd'hui elle pleurait. Allongée dans son lit, elle poussait ce cri de souffrance silencieux que poussent les âmes perdues. Elle se sentait sale. Est ce que de sa vie elle aurait pu imaginer un jour vendre son corps contre de l'argent ? Sa vie était faite de mensonges, entre ce en quoi elle rêvait et ce qu'elle racontait à ses proches.
Ce soir là, son fils l'entendit pleurer. Et comme à chaque fois il s'en alla. Il avait toujours préféré s'en aller quand elle pleurait. Certains auraient pu penser qu'il était trop lâche mais au fond il se fichait de ce que les autres pensaient plus qu'il savait.
Il monta sur le toit de l'immeuble où il vivait, ses pieds suspendus dans le vide, il regardait droit devant lui. Le loin le faisait partir.
Les larmes lui vint aux yeux. Il l'avait vu monter dans cette voiture. Elle. Sa mère. Il l'avait vu en ressortir un peu plus tard. Et alors tout ce dont il avait envie c'était de tuer cet homme. Alors il avait laissé parler sa haine et son envie. Il s'était fait passer pour un auto-stoppeur et était monté dans cette voiture. Cette voiture où sa mère s'était faite salir. Il avait longuement observé l'homme. Avant de finalement lui planter un couteau dans la cote. Puis il s'était enfui.
Il savait qu'il ne pourrait pas tuer tout ceux qui avaient usé de sa mère, il y pensait et déjà se sentait lui aussi pourri. Pour toutes les fois où il lui avait mal parlé, pour toute les fois où il l'avait rejeté, cette femme qui s'était sacrifiée pour lui et sa s½ur. Il laissa couler ses larmes.
Assis sur le toit de l'immeuble, les pieds suspendus dans le vide, il poussa ce cri de souffrance silencieux que poussent les âmes perdues.
Ce soir là, Anaïs ouvrit la porte lorsqu'on frappa. Elle se montra polie du mieux qu'elle put. Mais elle savait. Elle répondit à leurs questions. Et elle les laissa fouiller l'appartement. Elle savait qu'ils trouveraient quelque chose. Quelques heures avant, elle avait vu son frère revenir ensanglanté. Et quand son frère fut amener au poste de police pour meurtre, elle alla se coucher. Elle savait ce qui allait se passer, il irait en tôle, il ferait parti de ces jeunes qu'on dit « mal-intégrés ». Des larmes coulèrent sur ses joues.
Allongée dans son lit, elle poussait ce cri de souffrance silencieux que poussent les âmes perdues.
Bref . Hermaphrodites , Sous-développés et Palyndromes en tous genres ,
Veuillez accepter mes excuses les plus plates , pour le quelque peu laisser aller de ce blog ces derniers temps .
N'allez pas crier sur les toits que ma plume acerbe et splendide s'est fanée au soleil de midi , parce que c'est faux , mais considérez plutôt que comme toute bonne lycéenne qui avait des examens , il fallait que je me mette à bosser , et je devais aussi faire la fête , me lobotomiser devant la game cube , et passer du temps avec mon copain .
Bref je ne vais pas abandonner ce splendide blog de sitôt , ce serait dommage de laisser un tel monument de l'humour et de la littérature en friche , voyez plutôt ça comme une sorte de jachère bénéfique , car il est , parait-il des terres brûlées donnant plus de blé qu'un meilleur avril !
Bonsoir !
